27. novembre 2025

Adieu la valeur locative – qu’est-ce que cela signifie pour les propriétaires ?

La suppression de la valeur locative marque un changement de système dans l’imposition de la propriété immobilière en Suisse. Elle offre aux propriétaires un potentiel d’allègement fiscal, mais il convient d’examiner chaque situation au cas par cas.

Jusqu’à présent, toute personne possédant un bien immobilier et y résidant était considérée, à titre fictif, comme percevant un loyer pour celui-ci — et cette « valeur locative » était imposée comme un revenu. Parallèlement, les propriétaires pouvaient généralement déduire de leur revenu imposable les intérêts d’emprunt, les frais d’entretien et les coûts d’investissement. Mais ce régime fiscal est en train de changer radicalement. Fin septembre 2025, les électeurs ont décidé à une large majorité : la valeur locative est supprimée, mais au plus tôt à partir de 2028. Que signifie ce changement de système pour les propriétaires ?

Aperçu des principaux changements

En principe :

  • la suppression de la valeur locative fictive entraîne une baisse du revenu imposable des propriétaires. Ceux-ci peuvent donc, dans certaines circonstances, réaliser des économies d’impôts.
  • À l’avenir, les frais d’entretien et de rénovation ne pourront plus être déduits ni au niveau fédéral ni au niveau cantonal. Les impôts seront donc à nouveau plus élevés sur ce plan.
  • Les investissements dans les économies d’énergie ne pourront plus être déduits de l’impôt fédéral. Les cantons ont la possibilité de continuer à accorder la déduction pour les économies d’énergie et la protection de l’environnement jusqu’en 2050 au plus tard.
  • Les déductions fiscales pour les intérêts passifs privés sur un logement occupé par son propriétaire ne seront plus possibles à l’avenir.
  • Une exception s'applique aux primo-accédants d'un bien immobilier exclusivement occupé par eux-mêmes : ils pourraient bénéficier d'une déduction limitée des intérêts hypothécaires pendant dix ans. La première année, la déduction s’élève à 10'000 francs pour les personnes mariées et à 5'000 francs pour les personnes seules. Par la suite, ce montant diminue de 10 % par an.
  • Les disparités régionales gagnent en importance : les cantons disposant d’une marge de manœuvre – par exemple pour l’introduction d’un impôt sur les résidences secondaires –, les réglementations peuvent varier considérablement d’un canton à l’autre.

L’impact de ce changement de système dépendra de la situation individuelle de chacun. Le fait que les hypothèques ne puissent plus être utilisées à des fins d’optimisation fiscale pèsera certainement dans la balance. Il deviendra globalement moins intéressant de contracter une hypothèque aussi élevée que possible, car les intérêts hypothécaires ne pourront plus être déduits des impôts. Afin de réduire la charge d’intérêts, les acheteurs devraient s’orienter, dans la mesure du possible, vers un apport en fonds propres plus important et un amortissement plus rapide de l’hypothèque.

Qui en profite parmi les propriétaires actuels ?

Les répercussions sur les personnes qui possèdent déjà un bien immobilier sont très variables. Ce sont sans doute les personnes âgées qui en bénéficieront le plus, celles qui, après des décennies passées dans leur propre logement, ont en grande partie amorti leur prêt hypothécaire. Elles pourront à l’avenir réaliser des économies d’impôts significatives. À l’inverse, cela coûtera plus cher, notamment aux propriétaires de biens immobiliers nécessitant des travaux de rénovation. En effet, ils ne pourront plus déduire fiscalement les travaux de rénovation ni les investissements de remplacement.

Profiter de la période de transition

Ceux qui en ont les moyens financiers d’ici au changement de système, qui sera introduit au plus tôt en 2028, devraient profiter de cette période de transition pour effectuer des rénovations et des travaux de remise en état sur leur logement. Passé ce délai, ces investissements ne seront plus déductibles fiscalement, comme mentionné précédemment. « La valeur de marché des biens immobiliers nécessitant d’importants travaux de rénovation devrait avoir tendance à baisser, car les acheteurs potentiels doivent tenir compte du fait qu’ils ne pourront plus déduire fiscalement les investissements engagés », explique Thomas Graf, agent immobilier bernois expérimenté. Il convient également d’examiner le financement des biens immobiliers et de vérifier si des amortissements importants sont possibles d’ici l’entrée en vigueur du nouveau système.

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Source

hausinfo